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Words / Personal writing
A home for poems, chronicles, and stories.
For moments too meaningful to lose.

01 / words

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A softer world is still possible.


Je fèmen m ka wè
Tout sa ou kache dèyè
De twa bouke flè
Wi m ka tande tout sa w pa di
Lè w ap ban m manti
Nan je w, mwen wè klè
Tout sa w refize avwe
Menm si m pa vle kwè
Verite pa konn kache
M santi
Lè w ap ban m manti

Tiens-moi par la main
Je te promets que tout ira bien
On se reverra demain
Non, je ne te lâcherai pas
Tu peux compter sur moi
À ton réveil, je serai là
Ferme tes yeux
Pense à nous deux
Dans un monde meilleur
Rêve ce soir
Et tu pourras tout avoir
Ferme tes yeux
Ouvre ton cœur

Ou wè lakay mwen
Sa m pa t konnen
Ki te kache nan fon kè m
Ou montre m reve
Ak je m klere
Ou kenbe men m
Montre m danse
Ou kenbe men m
Pou m pa tonbe
Ou kenbe m fèm
Ou danse avè m

I said I’d never fall again
You made me a liar
I knew better, but I let you in
To set my world on fire
And now I’m burning
For what could have been
Because of you
I don’t wanna fall asleep alone…

Jehovah
Ou la, kounya, a chak pa
W klere chimen m nan fè nwa
Wi ou la
Ou la lè m santi m poukò m
Ou la lè m pa gen pèsòn
Ou la lè m pèdi la fwa
Ou ret la
Ou la chak fwa mwen bezwen
W te la yè, w ap la demen
Ou la kounya
W ap toujou la

02 / reflections

Chronique · Récit personnel
Briseuse de ménage ? Non, ce n’est pas du tout mon genre. Bon Samaritain ? Encore moins. Cependant, quand le problème m’agace, je ne peux rester indifférente.
Un beau gosse, qui plus est bien charpenté corporellement, sautant sur tout ce qui bouge, ne devrait en aucun cas s’accoupler à une fille maladivement jalouse. Ce serait un véritable danger public. Cependant, l’État n’intervient pas dans tous les aspects de la vie des citoyens. Pourtant, certains problèmes ne devraient pas rester en suspens.
Charmeur qui se fait charmer ne joue bien sûr pas le non-charmé. J’ai été la première à m’aventurer sur son terrain, pourtant il ne me laissa guère l’occasion de lui faire la cour.
Il prit les rênes de notre partie de séduction. Je me suis évidemment rendu compte qu’il était un Don Juan. Ce qui rendait le jeu plus intriguant. Mais c’était avant que débarque l’inconnue qui n’était pas sa Mariah.
Et oui, un vagabond casé. Ça ne se voit pas tous les jours. Mais casé avec une fille qui pète les plombs à l’idée qu’il puisse parler de livres avec une inconnue, ça, c’est le comble. Il était pourtant attentionné envers elle, quoique je fusse présente. Même un SDF sait reconnaître quand il a un toit sur la tête, et pourquoi pas elle ? Elle avait gagné cette manche. Il l’avait choisie plutôt que moi. Pourtant, aveuglée par sa stupidité et peut-être le litre d’alcool qui coulait dans ses veines, elle ne put le remarquer. Elle me céda donc sa victoire, et je m’éloignai avec, laissant au Don Juan l’espace et le temps qu’il faut pour l’amadouer.
Elle eut tant de mal à se calmer que je me suis rendu compte qu’elle ne lui convenait pas. Bien sûr, je restai dans mon coin avec d’autres partenaires à admirer le spectacle que donnait la petite amie jalouse de mon futur ex. Je n’eus qu’à attendre qu’elle rentre dormir. Bien sûr, le Don Juan la raccompagna et, comme prévu, revint sans elle. Il m’invita alors à danser pour se faire pardonner.
Puisqu’il n’y avait plus de musique à l’air libre, il utilisa son téléphone pour mettre un Alan Cavé ; je ne me rappelle plus quelle chanson c’était. Et c’est là qu’il me raconta qu’il venait à peine de rencontrer la fille qui nous avait fait une scène digne de krèk koko. Il ignorait donc qu’elle pouvait être aussi dingo. Moi, qui ne voulais surtout pas m’éterniser sur ce sujet, je changeai de cap. On parla alors de son équipe de basket préférée, qui venait de remporter une victoire. Nous n’eûmes guère le temps d’en débattre que la petite dingo refit surface.
Elle me sortit une histoire qui intéresserait sans doute son futur psychologue pour ses problèmes de gestion de la colère, mais pas moi. Me menaçant du doigt, elle me donna, sans le savoir, l’occasion de retrouver son prétendu petit ami en le nommant devant moi plus d’une centaine de fois. Moi qui, jusqu’ici, ne connaissais pas encore le nom du Don Juan, je remerciai sa crise de jalousie. Toute souriante, je me retirai de son décor.
Elle me poursuivit pour m’informer qu’elle vivait sous le même toit que le Don Juan depuis plus de cinq ans. Je me demandai alors pourquoi elle manquait toujours aussi cruellement d’assurance. Même un aveugle aurait vu que je n’étais pas sa première aventure et, sans nul doute, pas sa dernière. J’ai compris alors que lui non plus ne lui convenait pas. Ils s’étouffaient mutuellement.
Le « bouzen » qu’il est n’a nul besoin d’une petite amie qui embarrasse ses moindres conquêtes. Il n’est pas du genre à laisser filer une occasion, même pas en présence de sa petite dérangée. Et oser prétendre qu’elle n’est qu’une récente connaissance, qui est clairement mal foutue mentalement, est la preuve qu’il ne la respecte pas assez pour la mériter.
La petite amie parano et jalouse qu’elle est ne saurait empêcher ses nerfs d’exploser même si le gars ne parlait qu’à sa mère. Et imaginez une décennie plus tard, quand l’homophobie sera moins en vogue : elle ne supportera pas de le voir en compagnie de quelqu’un d’autre qu’elle. Elle deviendra donc un danger pour quiconque se rapprochera ou même s’approchera du Don Juan. Elle sera un danger pour elle-même.
Je ne suis sans doute pas sa Mariah, mais elle non plus. Je me sentis donc dans l’obligation de leur rendre service, ainsi qu’à la société dans laquelle j’évolue. Je suis consciente que je ne vais pas recevoir de médaille pour mon acte de bravoure. Peu importe ce que l’avis public retiendra de cette aventure ou ce qu’il en dira, je me porte garante de dissoudre cette relation nocive pour la société avant qu’elle n’implose en plein jour, emportant avec elle de parfaits inconnus qui, quelque part, sont aimés d’autrui. Car, en aucun cas, un beau gosse, qui plus est bien charpenté corporellement, sautant sur tout ce qui bouge, ne devrait avoir le droit de s’accoupler à une fille maladivement jalouse.
C’est un véritable DANGER public.


03 / imagination

Histoire · Fiction
D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours été attachée à ma liberté. Selon moi, être libre consiste non seulement à être en mesure de faire des choix, mais surtout à comprendre ses décisions. Issue d’une famille chrétienne, dès mon plus jeune âge, je me rendais régulièrement à l’église. Jusqu’à ce qu’un jour, mon père me demande pourquoi. C’était une question apparemment simple. Je n’en avais pas pour autant la réponse. Depuis, j’ai cessé d’aller à l’église. Néanmoins, j’ai récemment perdu un pari et j’ai dû, en contrepartie, accepter une invitation à la messe du dimanche.
Prise au piège, j’étais obligée de sortir de ma zone de confort pour m’accommoder de cet environnement qui ne m’était plus du tout familier. Tel un poisson hors de l’eau, je ne m’étais jamais sentie aussi peu à l’aise. J’étais gênée jusqu’à l’arrivée du célébrant principal. Je ne sais pas ce qu’il avait en tête, mais le regard qu’il me lança en m’aspergeant d’eau bénite stimula beaucoup plus que ma foi chrétienne. Je ne savais jusqu’alors pas qu’il était autorisé d’être prêtre tout en étant clairement une tentation ambulante.
Sous sa soutane, je pouvais imaginer un corps digne d’un dieu qui irait avec son visage de saint, muni d’une gueule d’ange. Et lorsqu’il prit la parole, il augmenta ma dose d’hallucinogène. Je nous voyais rassemblés, à l’abri de tout regard pervers, derrière l’autel, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. À ce moment précis, je voulais que le temps s’arrête. Mais hélas ! Il passait encore plus vite, à mon avis. C’est alors que je me suis mise à penser à la mini-jupe que je porterais le dimanche d’après. Je réalisai soudain que j’avais, pour la première fois, trouvé une raison de me rendre à l’église.
Certes, il y aura des gens qui penseront que ce n’est pas une raison valable. D’autres diront que c’est immoral. Mais ce qui compte, au final, sera toujours ce que moi, j’en pense. J’ai le droit d’opter pour le bien, tout comme je peux choisir de faire autrement, tant que je suis prête à assumer les conséquences. Néanmoins, j’en déciderai de mon plein gré. Car laisser quelqu’un d’autre influencer ses convictions revient à céder son libre arbitre. Parce qu’en réalité, choisir son chemin ne fait pas de nous des êtres libres. Ce qui importe, c’est de comprendre pourquoi.
